Aménagement urbain, apaiser les conflits

Drummondville vient de se doter d'un plan de mobilité durable sur 20 ans. L'objectif de ce plan de 70 pages est de permettre : 1- aux automobilistes, cyclistes et piétons de se partager la route sécuritairement; 2- de réduire les iniquités, car ce n’est pas tout le monde qui peut acheter une voiture; 3- de contribuer à la lutte contre les changements climatiques.

Dans le même sens, Vivre en Ville vient de publier le guide "Conception et mise en oeuvre de rues apaisées".  À travers trois fiches pratiques dédiées à la conception et à l’aménagement de rues partagées et de rues étroites, le guide offre des repères facilitant la compréhension des enjeux, une démarche de projet et des mesures concrètes.

L'aménagement urbain définit la vie collective et individuelle.  Les élu-e-s et les citoyen-ne-s devraient en être grandement conscient-e-s lorsqu'ils/elles réfléchissent à la construction de nouveaux quartiers et de nouvelles rues, plutôt que de laisser la pleine liberté aux promoteurs immobiliers.  Évidemment, une telle orientation doit aussi venir d'en-haut notamment par l'élaboration d'une Politique nationale d’aménagement du territoire et d’un cadre réglementaire intégrant les principes du développement durable.

Un petit retour à l'époque des grandes épidémies du 19e siècle nous apprend que l'aménagement urbain était influencé par une volonté d'aérer la ville et de chasser les mauvaises odeurs.  La qualité de l'air et la ventilation étaient au coeur de l'aménagement urbain.  De son côté, l'espace public avait une raison d'être qui dépassait le statut purement social. Il avait une raison d'être climatique ou physiologique. Durant la 2e partie du 20e siècle, on a perdu les valeurs publique, physiologique et climatique des espaces publics pendant que vaccins, antibiotiques et transport motorisé achevaient la volonté d'aérer et de ventiler.

Évidemment, le transport motorisé demeure un grand enjeu de l'aménagement urbain avec les conflits entre les véhicules personnels et le transport en commun dans des réseaux routiers déconnectés.

Les crises sanitaire et climatique actuelles vont-elles accélérer une révision de l'aménagement urbain alors qu'en même temps la démographie est toujours en croissance dans les villes?   Comment réussir à joindre les deux bouts sur des territoires déjà bien dessinés?

Viser l'aménagement de "quartiers en santé" peut être un premier pas.  Si vous avez besoin d'arguments, suivez la flêche.

Philippe Rahm, architecte et urbaniste suisse spécialisé dans l'architecture météorologique, mentionne qu'il est possible de repenser la ville et l'architecture par rapport à des enjeux réels et non plus des enjeux de symboles, de métaphores ou d'images.  Les questions thermiques, physiques ou médicales peuvent redonner un sens au choix des matériaux ou des formes architecturales. Aujourd'hui, je vais installer une poignée de porte en laiton parce que le virus n'y survit que quelques minutes. Je peux mettre un plancher en métal pour rafraîchir et mieux désinfecter.  Un toit blanc chauffe moins qu'un toit noir.  Si on fait des rues qui sont dans le sens du vent, on sait que les particules fines de la pollution vont plus facilement partir avec ce vent, etc.

 

Commentaires

Pour consulter les commentaires ou pour commenter cette publication, vous devez vous connecter sur Passerelles ou vous inscrire.